Comment l'Africain devenait-il esclave ?
L'individu était d'abord capturé par la violence. Des chasseurs et des pourvoyeurs d'esclaves s'étaient emparés de lui au cours de razzias de populations ou il avait été fait prisonnier dans des guerres esclavagistes.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous la pression des négriers européens, la plupart des guerres, en Afrique, ont été délibérément entreprises en vue d'acquérir des captifs.
Les Africains capturés étaient mis aux fers, entassés sur les bâtiments négriers pour une traversée qui durait de 40 jours à 3 mois. Ils avaient le choix durant l'horrible voyage entre se suicider, se soumettre ou se révolter. La mortalité des Africains en mer pouvait atteindre 35% voire 50 à 60 % au cours de la traversée.
Une fois débarqués, on les tuait en tant qu'hommes libres pour les ressusciter comme esclaves. L'Africain devenait un Nègre après le baptême, le changement de nom, l'étampage (le marquage au fer rouge), l'affectation au travail servile, l'abandon de sa langue maternelle, des normes de vestimentation et un comportement dégradant.
Dans le système esclavagiste qui s'apparente à un univers concentrationnaire, les prisonniers n'étaient protégés par aucune loi. Il est illusoire de vouloir connaître le statut des esclaves en examinant la législation officielle (les "Siete Partidas" des Espagnols, l'Edit de 1685 - Code Noir - des Français ou les lois anglaises, hollandaises et danoises) car ces textes ne furent jamais appliqués à cause de l'éloignement du pouvoir royal. Les colons sur leurs plantations faisaient ce qu'ils voulaient. Ils étaient couverts par des règlements de police et des ordonnances rédigés par les administrateurs locaux, les cours de justice, les assemblées, les commandants de quartier. Chaque territoire possédait donc ses usages, sa règlementation, ses moyens de contrôle qui évoluèrent au gré des intérêts des propriétaires d'esclaves.
Pour maintenir leur pouvoir, les propriétaires esclavagistes élaborèrent une conception raciste basée sur la couleur de la peau.