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Mise à jour le 22/04/2008

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Actualites

Aimé Césaire, le patriarche de la négritude est mort

Aime SesaireCelui qui se qualifiait de «Nègre, nègre, depuis le fond du ciel immémorial», était l’auteur d’une oeuvre flamboyante et revendicative.

Le Martiniquais Aimé Césaire est décédé le jeudi 17 avril à 94 ans, qui a consacré sa vie à la poésie et à la politique, était le père du concept de négritude.

Etudié dans les universités, célébré à la Comédie-Française, celui qui se qualifiait de «Nègre, nègre, depuis le fond du ciel immémorial», était l’auteur d’une oeuvre flamboyante et revendicative, parfois proche du surréalisme.

Maire de Fort-de-France de 1945 (il n’avait que 32 ans) à 2001, député sous différentes étiquettes (PCF et apparenté PS notamment) de 1946 à 1993, l’ancien président du conseil régional de Martinique avait quitté la présidence du Parti progressiste martiniquais (PPM) en juin 2005.

Né à Basse-Pointe le 25 juin 1913, ce fils surdoué d’un inspecteur des impôts est encouragé aux études par les professeurs du lycée Schoelcher de Fort-de-France.

En France, il lance en 1932 la revue «L’Etudiant noir» où, pour la première fois, des écrivains noirs réfutent les modèles littéraires traditionnels. Il est reçu à Normale sup en 1935 et deviendra professeur, métier qu’il exercera peu, au tout début des années 40.

Il rencontre le Sénégalais Léopold Sedar Senghor et publie en 1939 son recueil «Cahier d’un retour au pays natal», où apparaît le mot «négritude». C’est une entrée fracassante dans la poésie contemporaine. Senghor assure que c’est Césaire qui a inventé ce mot, mais celui-ci a dit qu’il s’agissait d’une invention collective avec l'aide du Guyanais Léon-Gontran Damas.

Il est, en 1946, rapporteur de la loi sur «la départementalisation de la Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion».

En 1957, il fonde le PPM, un an après sa démission du Parti communiste français qu’il avait rallié après la guerre.

Il a écrit des pièces comme «La Tragédie du roi Christophe» (1963, sur la décolonisation) ou «Une saison au Congo» (1966, sur Patrice Lumumba). En poésie, il a signé «Les Armes miraculeuses», «Soleil cou coupé», «Corps perdu», «Ferrements» ou «Moi laminaire». Il a aussi été essayiste et polémiste avec son «Discours sur le colonialisme», cri de révolte contre l’Occident, juché sur «le plus haut tas de cadavres de l’humanité» ou «Lettre à Maurice Thorez».

Divers hommages lui sont rendus à la fin de sa vie. En 2006, des admirateurs créent une association intitulée «Institut Aimé-Césaire des Lettres et des Arts des Amériques et de l’Afrique», et son nom est donné à l’aéroport de Fort-de-France.

Source : Quotidien français "Libération" du 17/04/2008 avec AFP.

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Manuela Ramin-Osmundsen, 44 ans, d'origine martiniquaise, a été nommée ministre en Norvège

Manuela Ramin-OsmundsenUne première en Norvège. Manuela Ramin-Osmundsen, 44 ans, a été nommée ministre de l’enfance et de l’égalité après un remaniement ministériel survenu le 18 octobre dernier au sein du gouvernement du premier ministre norvégien Jens Stoltenberg. Manuela Ramin-Osmundsen est la première Noire (et la première "non blanche") jamais nommée dans un gouvernement norvégien.

Elle est née en juillet 1963 en Martinique et a fait ses études en France où elle a obtenu un diplôme en droit à l'université Paris II. Installée en Norvège depuis 1991, elle est mariée à Terje Osmundsen, un homme politique norvégien.

Le premier ministre norvégien Jens Stoltenberg avait déclaré lors d’une conférence de presse à la suite de la nomination qu’il était temps que "la Norvège ait un ministre issu d’une minorité". Il est temps que nous ayons un gouvernement qui reflète la multi-culturalité de la Norvège mieux qu’avant ajoutait-il, précisant qu’il voulait que "Manuela ait un rôle clair".

De 98 à 2002, elle était à la tête du SMED (Centre contre les discriminations ethniques) avant de devenir en 2002 directrice adjointe de l'agence de l'immigration. En 2006, Manuela Ramin-Osmundsen avait été directrice de l’agence de l’immigration, mais avait dû démissionner peu de temps après sa nomination. Elle avait été mise sur la sellette, accusée d’avoir violé les règles de l’agence en accordant à un groupe de 200 kurdes irakiens dont certains avaient une identité floue la résidence permanente en Norvège.

Une commission avait critiqué le travail du prédécesseur de Manuela Ramin-Osmundsen à la tête de l’agence, et celle-ci avait par la suite démissionné. Elle a ensuite travaillé au sein de la section des migrations internationales au ministère des affaires étrangères de Norvège.

Per Willy Amundsen, un représentant du parti du progrès, un parti d’opposition norvégien situé à droite, voire à l’extrême-droite, a critiqué la nomination de Manuela Ramin-Osmundsen, en disant qu’elle n’avait obtenu la nationalité norvégienne que deux semaines avant sa nomination. Il critiquait aussi le fait qu’elle ait dit dans une interview l’année dernière qu’elle était loyale envers la Norvège et envers la France : "c’est étrange qu’on nomme ministre à quelqu’un qui est loyal envers une puissance étrangère" disait-il.

Manuela Ramin-Osmundsen a précisé vendredi 19 octobre qu’elle avait bien acquis la nationalité norvégienne deux semaines auparavant, et qu’elle avait simultanément renoncé à sa nationalité française car la Norvège n’autorise pas la double nationalité.

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Guadeloupe : Une terre gorgée de poison

Interdit depuis 1993, le chlordécone fait toujours des ravages. Cet insecticide ultratoxique a contaminé les sols et les rivières de l'île, plongeant les agriculteurs dans la détresse économique.

Nicole (1) est endettée. Elle ne peut ni faire face aux factures, ni se reconvertir. Elle risque l'expulsion de son logement et s'inquiète pour l'avenir de son fils de 5 ans. Nicole, 37 ans, jeune agricultrice guadeloupéenne, est l'une des victimes de la contamination de l'île par le chlordécone (2). Aujourd'hui interdit, cet insecticide ultratoxique, utilisé contre le charançon du bananier, cancérogène probable et perturbateur endocrinien, a pourri pour des siècles les eaux et les terres antillaises.

En 1999, Nicole fait un emprunt pour acheter un terrain à Goyave, en Basse Terre. Sept hectares de semi-mangrove sur lesquels, en 2003, elle plante des madères. En 2004, elle fait analyser ses sols, comme le préconisent deux arrêtés préfectoraux à tout agriculteur désireux de produire des légumes racines ou des plantes à tubercules (2). Le couperet tombe : «Mes parcelles étaient contaminées. Mon terrain n'a jamais servi à la culture de bananes, mais il est situé en aval d'une bananeraie. Ce sont les eaux de ruissellement qui ont transporté le chlordécone.» Il lui est désormais interdit de vendre ses légumes. «J'ai dû laisser mes tonnes de madères en plan.» Depuis, le terrain est en friche et Nicole en galère. Pour ne pas craquer, la jeune agricultrice multiplie les courriers aux administrations, au préfet, à Jacques Chirac, à l'Union européenne...

La pollution des rivières guadeloupéennes a été décelée en 1999 par la direction départementale de la santé, mais c'est en 2002 seulement que scientifiques et autorités publiques saisissent l'ampleur du désastre. Cette année-là, se souvient Harry Durimel, avocat et porte-parole des Verts de Guadeloupe, un article paru dans Libération (3) révèle deux événements survenus quelques mois plus tôt. D'abord, en août, la découverte en Martinique, par la police, de plusieurs tonnes de chlordécone dans une bananeraie. Preuve que les planteurs ont continué à utiliser ce poison pourtant interdit depuis 1993. Dix jours plus tard, la douane saisit à Dunkerque une cargaison de patates douces en provenance de Martinique, toutes contaminées par le chlordécone. Preuve que l'insecticide, présent dans les sols antillais, a contaminé la chaîne alimentaire et peut se retrouver dans les assiettes, via les légumes cultivés dans la terre.

La préfecture de Guadeloupe met alors en place des analyses de sol préventives et interdit la culture des légumes-racines sur terrain contaminé. Sous la houlette du député martiniquais Philippe Edmond-Mariette (non inscrit), des parlementaires antillais obtiennent la création d'une mission d'information sur le chlordécone. Rendu public en juin 2005, leur rapport rencontre peu d'échos en métropole. Pourtant, les tribulations de l'insecticide aux Antilles se lisent comme un polar. Elles illustrent l'opacité qui caractérise l'homologation des produits phytosanitaires, et témoignent de l'influence d'une poignée de gros planteurs qui contrôlaient alors la filière antillaise de la banane.

(1) Le prénom a été modifié.

(2) Le chlordécone, breveté aux Etats-Unis en 1952, était utilisé dans les bananeraies contre la prolifération du charançon

Source : Article de Eliane Patriarca, lire l'intégralité de cet article sur le site du quotidien français Libération du 06/01/2006.

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Haïti porte plainte contre l'ex-président Aristide, pour pillage du trésor public

L'ex-président haïtien Jean-Bertrand Aristide est accusé "d'avoir pillé le trésor public", "volé des revenus appartenant à la compagnie téléphonique nationale haïtienne", et "d'avoir encouragé, protégé, participé et profité d'un trafic de drogue illégal en Haïti et via Haïti", selon la plainte de gouvernement provisoire déposée mercredi soir – et reçue jeudi – devant le tribunal fédéral américain de Miami (Floride). Cette plainte intervient à un mois des premières élections générales programmées en Haïti, depuis la chute d'Aristide en février 2004. Après plusieurs reports, un scrutin présidentiel et parlementaire est attendu en décembre mais aucune date n'a encore été fixée.

Voilà une semaine, un rapport de l'Unité centrale de renseignements financiers (Ucref, organisme étatique) sur la gestion de la présidence haïtienne de Jean-Bertrand Aristide entre 2001 et 2004 avait conclu à une "vaste gabegie administrative". L'organisme demandait qu'une convocation soit émise par la justice pour témoigner contre M. Aristide, exilé en Afrique du Sud, et contre des anciens ministres pour"blanchiment des avoirs provenant du trafic illicite de la drogue et d'autres infractions graves, de soustraction de deniers publics, forfaiture, concussions et corruption de fonctionnaires publics".

20 millions détournés

Les résultats de l'enquête ont mis en évidence des détournements de fonds par le biais de sociétés écrans créées en vue de récupérer des fonds publics au profit de trois institutions privées de l'ex-président haïtien, avait précisé l'Ucref. Au final quelque 127 millions de dollars auraient été dépensés, entre 2001 et 2004, en surplus budgétaire par l'administration du palais présidentiel, notait le rapport qui constatait des irrégularités dans l'approvisionnement et les dépenses dans les comptes de la présidence.

L'Ucref avait aussi relevé que"la négation des lois et des normes avait facilité des malversations, des détournements de fonds publics et des trafics d'influence".

Dès juillet, une commission d'enquête administrative haïtienne avait révélé des cas de corruption et de détournements de fonds publics dans la gestion du gouvernement Aristide. Selon elle, près de 20 millions de dollars auraient été détournés vers des comptes privés en Haïti et aux Etats-Unis, durant la période examinée.

Source : Quotidien français Le Monde du 03/11/2005 avec AFP.

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